Open Data : quelles spécificités pour le secteur des transports

Article paru le 29 mars 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Big Data Innovation Transports Open Data

Ces dernières années, le secteur des Transports est fortement sujet aux innovations réglementaires (Loi Macron & Loi Lemaire) autorisant et rendant obligatoire l’ouverture des données ou « Open Data »

D’une manière générale, l’Open Data désigne une donnée numérique, dynamique. Cette donnée concerne davantage les administrations publiques qui mettent à disposition les données produites dans le cadre de l’exercice d’un service public.

De ce fait, la problématique d’ouverture des données place le secteur des transports au cœur d’un vivier de possibilités et d’innovations permises par les multiples spécificités inhérentes au secteur.

Ces spécificités impactent notamment la vie des usagers, l’économie autour du secteur et l’organisation des villes et des territoires. Elles concernent, mais ne sont pas limitées à :

  • La variété des modes de transport : avion, train, tram, bus, etc.
  • Les multiples infrastructures : gares, autoroutes, aires, stations de véhicules libre-service, aérogares etc.
  • La nature hétéroclite des données : horaires théoriques et réels, infrastructures, tarifs, fréquentation, incidents etc.

Toutes ces données font que le secteur des transports présente un fort intérêt pour l’Open Data, notamment en vue d’apporter des innovations et améliorer la qualité de services rendus aux usagers.

Quelles données sont aujourd’hui ouvertes en France ?

On distingue plusieurs types de données ouvertes propres au secteur des transports en France aujourd’hui :

Les données dynamiques

  • Les horaires en temps réel : prochains passages à un arrêt, positionnement d’une flotte de véhicules.
  • L’état du réseau et des équipements : perturbations et travaux, missions annulées ou retardées etc.
  • Vélos en libre-service : Nombre de vélos et places disponibles, maintenance et travaux des bornes.

Les données statiques

  • Horaires théoriques et itinéraires : description du réseau, horaires, interconnexions et temps de transit.
  • Points de vente : localisation, fréquentation
  • Stations et arrêts : localisation, horaires d’ouverture, services, types de paiement, accessibilité.

Les données dites « de transparence »

  • Données commerciales
  • Indicateurs de performance : ponctualité, disponibilité des infrastructures, nombre d’incidents.

Exemples d’applications et de projets permis par l’Open Data

L’ensemble de ces données ont permis le lancement de nombreux projets innovants. Parmi eux on trouve des applications mobiles, qui, à partir des données mises à disposition, génèrent un ensemble d’informations (horaires, trafic…).

On peut en citer CityMapper, Moovit, Paris-ci la sortie.

Également, des sites internet ont vu le jour, comme le projet OSM Transport basé sur OpenStreetMap ayant pour ambition de cartographier l’ensemble des réseaux de transport public. Les données intégrées peuvent à leur tour être réutilisées par d’autres utilisateurs.

Aussi, le site Navitia.io (créé par CanalTP) agrège ces données et permet de les exploiter.

Une tendance régulée et contrôlée

Les opérateurs de transport sont encore frileux à l’idée d’ouvrir leurs données. Néanmoins, un projet de décret dans la loi Macron les obligera à accélérer les procédures déjà entreprises.

Les services réguliers de transports publics de personnes (RATP, Transdev, etc) ne sont pas les seuls concernés par cette mesure, les services de mobilités publics le sont également (vélos en libre-service Vélib’, Autopartage Autolib’, etc).

Le décret prévoit d’imposer l’ouverture des données telles que les horaires de passage, la disponibilité des moyens de transports dans les parcs de stationnement et l’état des services de mobilités (incidents constatés, retards calculés etc…)

Néanmoins, les opérateurs de transports ne sont pas prêts à ouvrir leurs données de n’importe quelle manière. Prenons l’exemple des données de type incident, les opérateurs craignent que celles-ci soient utilisées de manière partielle, sans actualisation de l’information lorsque l’incident est clos afin de proposer un mode de transport concurrent.

En définitive, la France expérimente les prémices des possibilités permises par l’Open Data. La réglementation évoluant et de nombreux projets étant en cours de lancement, il sera intéressant de surveiller l’ensemble des opportunités que l’Open Data va ouvrir dans le domaine du transport.

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