Paiement mobile : l’âge d’or du marché des portefeuilles électroniques via smartphone ?

Article paru le 17 mai 2019 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Médias et télécoms Services mobiles

Dans une économie numérique où l’inclusion est le maître mot, les français ont plus que jamais le choix sur leur moyen de paiement pour régler leurs courses : le paiement mobile est en plein essor grâce au sans contact via la technologie NFC (ou « Near Field Communication »). La bataille du paiement par téléphone portable s’intensifie en France et l’arrivée de la connectivité 5G sur les smartphones devrait accélérer ce mouvement. Cependant, même si le paiement par carte sans contact se développe rapidement dans l’hexagone, les transactions via mobile restent encore marginales. En 2017, ce mode de paiement représentait près de 0,03% de transactions effectuées au sein des magasins (source : Banque de France). Pour expliquer ce faible montant des transactions, Deloitte souligne dans son rapport de 2016, les freins à l’usage du paiement mobile : le manque d’intérêt perçu (48%) et les préoccupations sur le niveau de sécurité (37%). Des réticences qui freinent la curiosité : 5% des français disent avoir testé une application ou les utilisent régulièrement.

De fait, le marché du paiement mobile demeure encore très concentré, même si de nombreux acteurs (hors établissements bancaires) commencent à pointer le bout de leur nez sur ce marché de niche en pleine croissance, en proposant des solutions sur-mesure aux consommateurs quitte à disrupter les codes…

Les géants de l’Internet et les fintechs bousculent les banques traditionnelles

Pour répondre à la concurrence et à la demande toujours plus persistante des consommateurs, les banques ont été contraints de faire alliance avec des géants du numérique comme Apple ou encore Samsung pour proposer un service de paiement mobile :

  • Les clients de BNP Paribas et d’Hello Bank pourront prochainement régler avec leur iPhone au même titre qu’HSBC, Boursorama, Orange Bank, Société Générale, Fortuneo ou encore N26 qui ont rejoint plus tôt l’écosystème de paiement d’Apple. Cependant, les banques restent encore divisées sur cette solution car très coûteuse du fait des commissions/transactions, accompagnée de forte pression Marketing.
  • Il en est même pour son concurrent sud-coréen, Samsung Pay est proposé à plusieurs établissements bancaires comme la Banque Populaire ou la Caisse d’épargne, avec comme son homologue Apple un service d’authentification digitale.

Les autres membres du GAFA (acronyme utilisé pour désigner les géants du web : Google, Apple, Facebook, Amazon) ne sont pas en reste et ont bien l’intention d’avoir aussi leur part du gâteau :

  • Amazon se prépare à affronter Apple dans la course du paiement mobile. Le géant du e-commerce cherche à convaincre les commerçants physiques d’accepter son portefeuille électronique Amazon Pay.
  • Facebook a aussi développé son propre service mobile de transferts d’argent entre particuliers via son application Messenger. Pour bénéficier de ce service, rien de plus simple il suffit d’enregistrer sa carte bancaire pour envoyer ou recevoir du cash en quelques clics. Le réseau social peut se reposer sur ses 1,3 milliards d’utilisateurs mensuels et ses autres applications mobiles phares comme Instagram ou WhatsApp.
  • Google vient aussi de débarquer dans l’hexagone avec son offre Google Pay, la solution mobile du géant de l’Internet. Cependant, le service est pour l’instant limité aux personnes titulaires d’un téléphone et d’une carte (Visa ou Mastercard) compatibles.

Des barrières à l’entrée pour les nouveaux entrants

Un geste simple et rapide mais encore trop peu répandu : le paiement mobile n’est pas encore automatique en France. Le Groupement Cartes Bancaires évalue à 10 millions le nombre de paiements mobiles réalisés sur l’ensemble de l’année contre 2 milliards de transactions avec une carte sans contact. D’autre part, en analysant de plus près les paiements mobiles, on constate qu’en réalité 80% des transactions mobiles en Europe seraient en réalité des paiements à distance. (Étude Forrester). Outre, les barrières imposés par les géants du numérique comme Apple ou Samsung, les acteurs se heurtent à la réglementation stricte en matière de paiement bancaire :

  • La directive européenne sur les services de paiements 2e version (ou DSP2) de septembre prochain rendra obligatoire l’authentification forte pour les paiements de plus de 30 euros, ce qui contraint les fintechs de revoir la sécurité de leur application mobile
  • Le RGPD (règlement général sur la protection des données) oblige les sociétés à être très vigilantes sur la collecte des données personnelles. Google anticipe puisque, sur Google Pay, il est possible d’enregistrer ses cartes de fidélité : « On n’utilise jamais les données de transaction pour du ciblage publicitaire »

Ce qui est certain c’est que l’âge d’or du paiement mobile ne fait que débuter et l’arrivée prochaine du virement instantané (ou SCT Inst) prévue à la fin du premier trimestre 2019 par de nombreuses banques françaises via le service Paylib devrait accroître et amplifier ce mouvement.

Rappelons que le SCT Inst donnera la possibilité à chaque citoyen de l’Union Européenne de réaliser des virements bancaires (dans la limite de 15 000 euros) en moins de 10 secondes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

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