Quand l’intelligence artificielle se met au service des télécoms

Article paru le 14 mars 2019 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Intelligence artificielle Newsletter Médias et télécoms Services mobiles

Avec l’émergence des nouvelles technologies impliquant l’intelligence artificielle (IA) et le développement de la connectivité 5G, le secteur des télécoms est parmi les premiers impactés.

Les nouvelles générations de devices vont redéfinir le sens du mot « smart » (intelligent) en répondant plus précisément aux requêtes des utilisateurs et anticiper leurs besoins, grâce à différents nouveaux algorithmes.

Qu’appelle-t-on « intelligence artificielle » ?

L’intelligence artificielle désigne au sens large des machines conscientes de leur environnement, capables d’analyser et d’agir en fonction des réponses qu’elles reçoivent, en fonction des objectifs qui leurs ont été donnés lors de leur programmation.

On retrouve déjà sur le marché certains objets connectés dotés de la technologie dite de « Deep Learning » (apprentissage profond) : capacité d’apprendre de nouvelles données en se basant sur le fonctionnement du cerveau humain.

Ainsi, les logiciels fonctionnant avec cette technologie d’Intelligence Artificielle sont à même de percevoir ce qui les entoure, quasiment à l’identique d’un être humain.

C’est notamment grâce à cette technologie qu’Apple a pu sortir en 2017 son iPhone X, doté d’une très fiable reconnaissance faciale sécurisée très fiable : l’iPhone apprend le visage de son propriétaire et est capable de les reconnaitre même si celui-ci a évolué (nouvelle coupe de cheveux, chapeau, maquillage, etc.).

Le développement de l’Intelligence Artificielle permet de rendre nos objets connectés de plus en plus autonomes et ainsi de proposer davantage de services aux consommateurs de demain.

Des applications concrètes pour le secteur des télécoms ?

Les GAFAM (Google, Facebook, Apple, Amazon et Microsoft) sont prêts à saisir l’immense potentiel qu’offre le marché de l’Intelligence Artificielle : ils misent sur cette nouvelle ère pour se différencier.

Prenons l’exemple de Google, qui a lancé début Novembre son smartphone, le Google Pixel 3 XL, équipé :

- d’une batterie intelligente, donnant notamment la priorité aux applications les plus utilisées

- d’un Google assistant, permettant de gérer les objets connectés avec la voix

- de l’application « Google Duplex », offrant la possibilité de réserver dans son restaurant préféré

- d’un appareil photo, doté d’Intelligence Artificielle, améliorant la prise de vue et permettant ainsi d’obtenir le meilleur cliché où « tout le monde sourit, a les yeux ouverts et regarde l’objectif ».

De son côté Samsung Electronics, alors qu’il vient d’ouvrir les portes de son septième centre d’innovation en intelligence artificielle à Montréal (Canada), a procédé à l’acquisition de la société espagnole Zhilabs, réputée pour ses services d’analyse de réseaux à base d’IA, afin d’améliorer les capacités de ses futures offres 5G.

Cette volonté de proposer des services toujours plus innovants, grâce à la combinaison de l’intelligence artificielle et de la 5G, peut de prime abord être jugée positivement et permettre de revaloriser l’image des acteurs des télécoms auprès des consommateurs.

L’intelligence artificielle au service de tous les consommateurs

L’application de l’intelligence artificielle dans le secteur des télécoms peut prendre une forme plus sociale en améliorant significativement le quotidien de certains de ses utilisateurs jusque-là lésés ou isolés. C’est ainsi que, par exemple, de nouveaux services dédiés aux sourds et malentendants voient le jour.

Pour les principaux acteurs des télécommunications, l’objectif est surtout d’être en conformité avec la loi Numérique de fin 2016 en termes d’accessibilité.

C’est ainsi que début octobre 2018 une nouvelle version de l’application RogerVoice a été déployée sur les plateformes de téléchargement tels que l’Apple Store et Google Play.

Cette version utilise l’intelligence artificielle pour permettre la communication orale entre une personne entendante et une personne sourde ou malentendante. Par la retranscription écrite quasi-automatique et en temps-réel de ce qui est dit sur une interface assimilable à une messagerie instantanée, l’utilisateur souffrant de difficulté auditive peut à son tour répondre en écrivant un texte qui sera ensuite vocalisé pour l’interlocuteur entendant. Cette nouvelle version propose également l’assistance d’un interprète en langue des signes.

Pour conclure ...

Si la mise en application de cette technologie ouvre la porte à une grande révolution du secteur, ces innovations soulèvent néanmoins des questions relatives à la protection des données privées, tant du point du vue règlementaire (cf la RGPD) que déontologique : quelle quantité de données les consommateurs seront-ils prêts à céder pour avoir des téléphones connectés de plus en plus intelligents ? Les utilisateurs peuvent-ils avoir conscience de ce qui se cache derrière un service aussi puissant ? Jusqu’à quel point l’Intelligence Artificielle doit-elle être responsable et autonome ?

Partagez cet article sur les réseaux sociaux