Quand médias et publicitaires s’allient pour innover

Article paru le 9 avril 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Newsletter Médias

On constate souvent un manque de renouveau dans les entreprises publiques, que l’on trouve trop « rigides » et « vieillissantes ». Pour répondre à cette critique, France Télévisions a décidé d’enclencher la seconde et de se mettre à niveau dès 2018.

Du neuf pour 2018 ?

Pour démarrer l’année en beauté, ce sont de nouveaux visuels qui voient le jour en ce 29 janvier 2018. Dès décembre dernier un internaute dévoilait sur le site lenodal.com une liste de nouveaux logos déposés à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) par le groupe télévisuel public. Ces visuels, financés sans surcoût pour le groupe, s’inscrivent dans une volonté de renouveau, déjà constatée par les téléspectateurs en septembre 2016 avec l’arrivée de la chaîne publique 100% infos, franceinfo :, sur le canal 27 de la TNT.

Pour autant, donner un coup de jeune à son visuel n’est pas suffisant pour Delphine Ernotte, présidente du groupe. L’innovation doit aller plus loin…

Alors que la loi n° 2016-1771 relative à la suppression de la publicité commerciale dans les programmes jeunesse de la télévision publique est entrée en vigueur ce 1er janvier 2018, et que les restrictions budgétaires se font de plus en plus drastiques, France Télévisions tente de se démarquer en se lançant dans la publicité adressée (ou « adressable TV » en anglais) sur le web et les émetteurs de TV !

Les premiers balbutiements français de la publicité adressée ?

Si les Etats-Unis et UK exploitent déjà le filon, la France reste novice à cause de freins réglementaires. En effet, à l’exception de France 3, la publicité géolocalisée est interdite sur la TV linéaire, et ce malgré les demandes répétées des grands acteurs du 8ème art : seul le replay est autorisé à diffuser du contenu personnalisé. Sachant que 47 % des foyers sont aujourd’hui équipés de box, ce marché reste toutefois intéressant pour les publicitaires. Ainsi TF1, précurseur français, lança dès le troisième trimestre 2016 des tests de publicités géolocalisées sur sa plateforme web. C’est notamment grâce aux adresses IP des internautes que les chaînes sont à même de personnaliser les écrans de publicité incrustés dans les vidéos en ligne. Dorénavant il est alors probable qu’un internaute habitant Paris visionne un écran publicitaire différent d’un autre situé à Lyon.

M6, quant à lui, reste prudent et tente l’expérience en rendant obligatoire la connexion pour accéder aux vidéos de son site 6play, récupérant ainsi des données.

C’est pour cette raison que France Télévisions est parti à son tour à la conquête de la publicité adressée, en profitant des Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang, en Corée du Sud et, prochainement, de Roland Garros (21 mai - 10 juin 2018).

Vous êtes adepte des petits écrans et préférez suivre les performances des athlètes sur le web, grâce au simulcast du site france.tv ? Ne soyez pas étonné de voir passer sur votre écran une publicité pour le restaurant d’à côté !

En effet, la filiale Pub du groupe, francetvpublicité, met en place pour l’occasion un partenariat d’envergure avec le géant Google. Leur projet ? Diffuser sur le player web du direct de la publicité calculée et calquée en fonction de vos besoins. Comment ? Rien de plus simple : demander au membre des Big Four du web de récupérer vos informations afin de personnaliser les écrans publicitaires diffusés entre les épreuves.

Et ensuite ?

Néanmoins, les téléspectateurs sont en droit de se demander si cette exploitation de données n’enfreint pas la liberté informatique individuelle : Big brother is watching you !

Bien que les groupes audiovisuels se veuillent rassurants sur ce point, une seconde question s’ajoute alors : mais jusqu’où iront-ils ?

Petit à petit une nouvelle ère se dessine : celle où les publicitaires vous connaîtront mieux que vous-même…

Partagez cet article sur les réseaux sociaux