Règlementation et finance de marché : les nouveaux défis pour les banques !

Article paru le 16 mars 2014 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Banque, Finance, Assurances Tribune

La crise qui secoue le monde de la finance depuis 2008 a souligné le besoin primordial de régulation dans le secteur bancaire et financier. Les régulateurs internationaux sont très actifs pour créer de nouvelles règles auxquelles doivent se conformer les établissements financiers, particulièrement lorsqu’il s’agit des activités de marché.

En effet, la finance de marché regroupe les activités bancaires les plus risquées et les moins comprises au sein des établissements financiers. La liste des réglementations bancaires applicables à ces activités est longue et touche toutes les branches.

Les nouvelles règles du jeu

Parmi les réglementations les plus importantes, on retrouve la loi Dodd Frank américaine ainsi que les règlementations EMIR (European Market Infrastructure Regulation) qui visent à réguler les opérations de gré à gré (opérations sur mesure enregistrées directement entre deux contreparties) en apportant plus de transparence et en sécurisant les transactions. Bâle III impacte quant à lui la finance de marché à la fois indirectement via les ratios de solvabilités mais aussi directement via des obligations plus strictes de reporting. Enfin, les règlementations MIFID II permettent notamment de définir quelles contreparties peuvent traiter certains produits ou encore OPCVM V qui encadre spécifiquement les activités liées aux OPCVM.

et leur impact pour les établissements financiers

Afin de se mettre en conformité avec ces nouvelles exigences, les établissements financiers sont obligés d’opérer d’importantes mutations. Les fortes exigences de transparences se traduisent par des procédures parfois lourdes en termes de valorisation, déclaration, réconciliation et confirmation des transactions et des opérations tant vis-à-vis des régulateurs que des différentes contreparties. La sécurisation des transactions, enjeu majeur de la loi Dodd Frank et des directives EMIR, se traduit par la création de chambres de compensation ayant pour but de garantir la solidité financière des contreparties.

Bâle III, à travers les calculs de ratios de solvabilité affecte des coefficients de risque plus élevés aux activités de marchés et particulièrement aux activités de gré à gré sur les produits dérivés. Ceci a pour effet de rendre ces activités plus couteuses en capitaux propres pour les banques et les incitent ainsi à se recentrer sur des activités moins risquées. L’arbitrage se fait donc en faveur des activités de banques de détail par exemple.

La sauvegarde des activités de marchés, essentielle aux banques, oblige donc ces dernières à évoluer et à trouver de nouvelles solutions au sein desquelles les systèmes d’information jouent un rôle primordial.

Le rôle des systèmes d’information

Plus que jamais novateur en matière de systèmes d’information, c’est à travers ces derniers que le secteur bancaire trouve les solutions à ces nouveaux défis. En effet, les problématiques liées à la gestion et à la sécurisation des bases de données nécessaires à la production des reportings (Bâles III), des déclarations d’opérations (EMIR) ou encore des conversations téléphoniques pendant 3 ans (MIFID II) sont nombreuses. La performance des systèmes d’information est également au cœur de ces mutations pour gérer les innombrables flux entrants et sortants relatifs aux chambres de compensation ou pour la création automatique de confirmations d’opérations. A titre d’exemple, le seul marché du Forex (essentiellement un marché de gré à gré dont chaque opération doit être confirmée) représente 5300 milliards de dollars échangés chaque jour.

Aujourd’hui, loin de remplir les exigences des régulateurs et souvent en retard sur les calendriers règlementaires, les banques vont être obligées d’accentuer leurs efforts en matière de conformité durant l’année 2014. En effet, les obligations de déclaration de tous les contrats dérivés en février 2014 et de compensation de ces opérations en été 2014 liées seulement aux règlementations EMIR, illustrent ces nouveaux défis.

Tribune de Arnold Andrieu, consultant mc²i Groupe

Lire la tribune sur le site : Le Cercle Les Echos

Partagez cet article sur les réseaux sociaux