Restructuration majeure du réseau de bus parisien

Article paru le 20 avril 2019 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Mobilité Transports

Le groupe RATP, opérateur historique de l’offre de transports multimodaux en Ile-de-France, va opérer une véritable révolution sur son réseau bus (Paris et petite couronne) le samedi 20 avril 2019. Véritable projet d’envergure de par les modifications qu’il va engendrer, il est également historique puisque le réseau n’a que très peu évolué depuis 1950.

Un projet à forts enjeux

Ce projet, initié et financé totalement par Ile-de-France Mobilités (IDFM, ex STIF), l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France, est mené en collaboration étroite avec la RATP ainsi que la Ville de Paris.

Le réseau qui sera déployé, représente trois années de travaux et d’analyses qui permettent de répondre à des objectifs, clairement affichés, d’améliorations de la qualité des services offerts aux voyageurs.
Pour cela, la RATP a réaménagé le réseaux de bus en répondant aux exigences suivantes :

  • Augmenter l’efficacité des lignes de bus : En optimisant la régularité des trajets et les fréquences de passage.
  • Favoriser une meilleure connexion entre Paris et les communes limitrophes notamment avec la création de 5 nouvelles lignes de bus et de nouvelles liaisons inter quartiers.
  • Améliorer l’attractivité du réseau grâce à une meilleure répartition des dessertes entre le cœur de Paris, ses différents arrondissements et les communes de la petite ceinture jusqu’à présent peu ou mal desservies.
  • Rééquilibrer l’offre de service et dé-saturer l’hyper centre de la capital en diminuant les doublons de lignes au cœur de Paris.

20 avril 2019 : date du big bang

Il a été décidé que toute les lignes du nouveau réseau soient déployées simultanément afin de faciliter la transition et d’éviter les évolutions successives d’itinéraires pour les usagers.

“ Ma ligne de bus est-elle modifiée ? ”
Pour y répondre, le site web nouveaureseaubusparisien.fr permet de cerner les changements opérés : carte interactive de l’avant/après à l’appui, calculateur d’itinéraire, détails de chaque ligne ...

Depuis le mois de février, un vaste plan de communication a été mis en place. Celui-ci s’appuie sur les réseaux sociaux mais aussi sur l’ensemble de l’affichage mis en place dans les bus et abribus ainsi que qu’une campagne de distribution de dépliants dans plus de 265 gares et stations du réseau RATP.

En cohérence avec la dimension du projet plus de 10.000 agents (dont 1500 salariés volontaires supplémentaires) seront mobilisés afin d’orienter et accompagner les voyageurs le jour de la mise en service du nouveau réseau.

D’autres restructurations à venir

Le nouveau réseau de Bus répond actuellement au besoin de s’adapter aux réalités démographiques qu’a connu la population du bassin parisien depuis 70 ans. Cette restructuration physique du réseau devrait être suivie d’une restructuration encore plus profonde : celle liée à l’ouverture du réseau à la concurrence.

Le réseau parisien était jusqu’à présent le seul à faire exception à une convention collective appliquée pourtant sur tout le territoire français et qui permet une pluralité des opérateurs sur un même réseau. L’ouverture à la concurrence du réseau n’est pas prévue avant 2025 mais la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) devrait permettre de fixer de nouvelles règles et ainsi de mieux régir les activités d’exploitation dans un environnement certes davantage concurrentiel, mais surtout plus complexe.

La LOM consacre une part importante au volet social, et tente notamment de fixer un cadre au transfert de main d’oeuvre d’un exploitant à un autre : conventions collectives, avantages sociaux, rémunérations, impossibilité de licenciement économique ... Le volet social semble au centre des préoccupations, reléguant au second plan les complexités d’exploitations futures et toute l’ingénierie associée.

Une des raisons qui justifie l’engouement sur ces questions sociales : les parties prenantes ont encore à l’esprit le climat social traversé au printemps 2018 lorsqu’il était question de libéraliser davantage l’écosystème SNCF.
Les ressemblances avec le ferroviaire ne s’arrêtent d’ailleurs pas là. Cette ouverture à la concurrence devrait être progressive. A l’image des lignes de trains régionales, ce sont les lignes de bus de la grande banlieue parisienne qui seront d’abord ouvertes à la concurrence (réseau Optile par exemple) dès 2021.
L’ouverture de réseaux urbains dans d’autres métropoles montre que la régulation des opérateurs par une autorité tierce est l’indispensable complément de la concurrence, hors pour le périmètre francilien, le rôle que pourra jouer Ile-De-France-Mobilités reste encore relativement flou.

Le nouveau visage du bus parisien n’est donc pas encore complètement dessiné. Mais son exploitation plus libéralisée est-elle réellement inquiétante pour la régie ? La question est d’autant plus intéressante lorsque que l’on sait que le groupe RATP réalise plus de 20% de son activité en dehors de l’Île-de-France, que sa présence est internationale (14 pays - 4 continents) et multimodale (8 modes de transport).

Article rédigé par Hossem El Bedoui

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