Retour d’expérience sur l’accompagnement mc²i Groupe pour les SDSI des GHT : la parole aux DSI

Article paru le 29 mai 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Newsletter Santé

Alors que la plupart des GHT ont terminé leur démarche de Schéma Directeur des Systèmes d’Informations (SDSI) et commencent sa mise en œuvre, mc²i Groupe a souhaité faire témoigner des DSI d’établissements au terme de cette première étape fondatrice. Dans cette enquête nous donnons la parole à ceux [1] qui sont aux avant-postes d’une transformation majeure des SI hospitaliers.

Une première étape fondatrice


Pour beaucoup d’acteurs professionnels de santé, administratifs ou professionnels des SI, la démarche de Schéma Directeur a été la première étape de la coopération à construire au sein du GHT. Elle a cristallisé les attentes suscitées par la réforme et les DSI ont relevé plusieurs facteurs clés de succès pour y répondre. En premier lieu est cité «  la volonté de nos professionnels de disposer d’outils communs pour assurer la coordination de la prise en charge » et « une absence de rivalité entre les établissements mais aussi entre les acteurs du SIH ».

En second lieu c’est l’approche utilisée pour construire le SDSI qui a fait la différence. « Nous avons placé nos travaux dans une démarche pragmatique, permettant de dégager des priorités qui présentent une réelle valeur ajoutée pour nos professionnels de santé et proposant des scénarios de convergence réalistes où une étape d’interopérabilité est envisageable avant de se lancer dans l’unification ».

« La clarté des enjeux et de la marche à suivre », le réalisme de la trajectoire et « l’adéquation des moyens humains et financiers avec les exigences réglementaires et attentes des utilisateurs » se sont révélés indispensables pour obtenir l’adhésion puis l’engagement des acteurs.

Un pilotage plus cohérent au niveau régional

Sur les relations avec les acteurs régionaux et nationaux, les retours des DSI révèlent des attentes très fortes.

Au niveau régional, les DSI appellent de leurs vœux un renforcement de la cohérence et du pilotage. Alors que certains GRADES (Groupements Régionaux d’Appui au Développement de l’e-Santé) ne sont toujours pas mis en place, ils plaident pour une feuille de route, « notamment à travers la rédaction d’un Schéma Directeur des SI au niveau de la région, opposable aux acteurs de santé » et « plus de fermeté pour que l’ensemble des acteurs participent aux projets  ».

L’enjeu est bien d’éviter les doublons et de mutualiser certaines briques indispensables aux GHT. Les plus cités sont le serveur de rapprochement d’identité et la plateforme de télémédecine. La mutualisation est également envisagée entre GHT pour l’infrastructure d’hébergement HDS, les petits GHT s’appuyant sur les capacités de GHT pouvant proposer une offre certifiée à leurs voisins.

Le déploiement très inégal des référentiels et services numériques du cadre commun e-santé défini par l’ASIP interroge les DSI. Pour eux il est crucial de «  limiter les disparités incompréhensibles entre régions  » qui peuvent se traduire dans certains cas par une perte de chance pour le patient. Certaines régions comme l’Auvergne-Rhône-Alpes disposent « d’un écosystème régional qui simplifie fortement l’ouverture du système d’information aux partenaires, à la ville et aux patients ».

D’ autres comme les Hauts-de-France se lancent dans des projets ambitieux de plateforme territoriale d’interopérabilité pour permettre une communication entre les professionnels sur certains parcours des soins. Ces projets régionaux sont évidemment un facteur facilitant pour les projets de coordination et permettent de réduire les investissements des GHT sur ces sujets mutualisés.

Une vision claire du plan d’investissement au niveau national

Au niveau national «  l’attente prioritaire est un plan de financement qui permettra d’accompagner l’unification de nos systèmes d’information dans les délais impartis. Nous faisons beaucoup de choses sur nos moyens propres mais les priorités SI sont forcément arbitrées au regard des projets médicaux que doivent mener nos établissements ».

Dans ce contexte de capacité budgétaire contrainte, « seul un plan de financement ciblé sur la convergence des SI des GHT permettra de préserver la dynamique engagée sur ces projets  ».

C’est le futur programme Hop’en qui est en question et, notamment ses critères de financement avec le souhait qu’ils ne soient pas dogmatiques (attribués uniquement pour des projets de convergence « totale »).

Enfin la multiplication des évolutions réglementaires (RGPD, Simphonie, certification HDS, PAS, DSN, PES v2, NIR…) provoque un ressenti de « réformes permanentes » et ajoute des projets contraints aux feuilles de route déjà chargées des DSI. Cela réduit d’autant leurs marges de manœuvre au moment où ils en ont le plus besoin.

Une série d'évolutions réglementaires impactant les SI sur 2018-2020

Les points forts de notre intervention

Soucieux de l’amélioration continue de nos méthodologies, nous avons également évalué nos prestations auprès de ces DSI. Au-delà de la méthode, les points forts les plus cités sont l’accompagnement et l’investissement dans la démarche :

  • « une démarche participative quitte à aller rencontrer certains acteurs sur le terrain pour les faire s’exprimer  » ;
  • «  les consultants ont contribué à l’instauration d’une relation de confiance qui a permis de travailler sur le fond et de faire ressortir le consensus chaque fois qu’il était possible » ;
  • « le cadrage et la formalisation de la démarche » qui ont apporté « une clarté dans l’exposé des enjeux, de la marche à suivre et des perspectives » permettant de convaincre les acteurs du bien-fondé de la démarche ;
  • « mc²i Groupe a été très présent auprès de nos établissements. Tant dans l’animation d’ateliers que dans les contacts individuels qui ont été nécessaires à la collecte des informations utiles à nos travaux ».

Le principal enjeu a été de tenir compte des différences entre chaque établissement et de travailler ensemble en maintenant un équilibre entre les intérêts de tous les acteurs, petits et grands Centres Hospitaliers dont CHU, établissements de psychiatrie et de médecine, chirurgie obstétrique (MCO), établissements concurrents ou partenaires historiques...

A présent les projets de mise en œuvre sont lancés. Beaucoup d’inconnues demeurent encore et les DSI devront faire évoluer leur SDSI selon le contexte régional, national ou local, en intégrant les opportunités qui se présentent. Tout l’enjeu sera de réussir à rester flexible et pragmatique dans le respect de la stratégie fixée !

Notes

[1Les citations proviennent des réponses des DSI de 4 GHT de taille hétérogène, dont 3 sont DSI de l’établissement support. Nous remercions vivement ces DSI qui ont pris le temps de répondre à notre enquête : Jean-Christophe Bernadac, DSI du CHU de Saint-Etienne établissement support du GHT Loire, Vincent Glevarec, DSI du CH d’Avranches-Granville établissement support du GHT Mont-Saint-Michel, Rachel Ruthmann, DSI du CH de Tourcoing et Paul Vanderstraeten, DSI du CH de Dieppe établissement support du GHT Caux Maritime.

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