SGMAP : une restructuration nécessaire pour accompagner la modernisation de l’État ?

Article paru le 10 février 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Innovation Secteur Public

À chaque réforme ses structures pour la piloter et la mettre en œuvre. L’État est engagé dans de nouvelles actions pour suivre une trajectoire de modernisation continue. Pour les mettre en pratique, l’État doit adapter ses structures et se doter de sponsors afin d’atteindre les objectifs fixés.

Dans cette perspective, le décret du 21 septembre 2015 réorganise le Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP).

Une volonté de pilotage centralisé

Avec la restructuration, cette organisation, placée sous l’autorité du Premier ministre devient l’organe central de la Modernisation de l’Action Publique (MAP).

Depuis fin septembre, le SGMAP regroupe ainsi :

  • La Direction interministérielle pour l’accompagnement des transformations publiques (DIAT). Il s’agit de l’ancienne Direction interministérielle pour la modernisation de l’action publique (DIMAP)
  • La Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC)

La DIAT regroupe elle-même le service « stratégies interministérielles de modernisation », le service « appui aux transformations » et la mission « programme de simplification ».

Quant à la DINSIC, celle-ci regroupe le service « performance des services numériques » et les missions « Etalab » et « incubateur de services numériques ».

Outre ces deux principales structures, le SGMAP comprend également les missions « soutien et ressources », « communication » et « CAPGouv ».

Une organisation au service d’un programme stratégique

La principale mission du SGMAP est de favoriser et de soutenir, au niveau interministériel, les travaux numériques conduits par les administrations pour à la fois améliorer le service rendu aux usagers et contribuer à la bonne gestion des finances publiques.

Après plusieurs programmes d’envergures (Louvois, l’ONP, etc.) qui n’ont pas abouti, cette réorganisation envoie un signal fort d’engagement et de détermination pour la réussite de ses projets à venir.

Une organisation optimisée

Cette fusion des organisations en DINSIC s’accompagne de la nomination d’un nouveau directeur à sa tête : Henri Verdier, anciennement directeur d’Etalab (la mission Open Data), qui succède ainsi à Jacques Marzin.

Cette réorganisation souligne une volonté de l’État d’introduire de l’agilité dans les opérations menées par le SGMAP. En effet, Etalab étant considéré comme une « start-up d’État » avec des développements en mode agile, Henri Verdier aura la responsabilité d’étendre cette démarche : avancer par itération dans les projets informatiques dans l’ensemble des ministères et administrations.

A son actif, le SGMAP compte déjà des projets phares tels que France Connect, système d’authentification unique pour l’administration en ligne prochainement déployé, et VITAM, programme d’archivage électronique interministériel.

Dépasser les premiers obstacles

Le principal défi du nouveau directeur sera d‘instaurer des synergies entre les équipes. Il devra ainsi favoriser le rapprochement entre les services orientés numérique, possédant un esprit d’incubateur avec des méthodes de projet agiles en cycles rapides, et les services orientés systèmes d’informations et des méthodes projet plus classiques. Le SGMAP devra ainsi faire face à ce choc des cultures.

Des projets d’avenir

L’État plateforme est le programme d’envergure du SGMAP qui comprend plusieurs gros projets : « Dites-le nous une fois », France Connect, « Dématérialisation du vote par procuration ». Par ailleurs, cette organisation doit suivre 50 des plus importants projets informatiques de l’État (dont les projets Solde, réécriture de PAY, SIRIHUS etc.).

Ces initiatives visent tout d’abord à simplifier la relation entre les services de l’État et les usagers. Le second objectif clairement identifié est la rationalisation, la simplification et la mise à jour technologique des outils informatiques utilisés dans les différentes administrations pour réduire les coûts.

Dans ce cadre, l’État souhaite aligner deux trajectoires : l’apport d’un service à forte valeur ajoutée d’une part et la rentabilité de ses investissements d’autre part. Les années qui viennent démontreront si l’État n’a pas été trop ambitieux dans ses choix et s’il lui est possible d’avancer par petites étapes, par petites réussites pour garantir le succès.

Partagez cet article sur les réseaux sociaux