Serrures connectées : le dernier verrou de la livraison qui saute ?

Article paru le 31 mars 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Innovation Retail

Le dernier centimètre

De 602 millions en 2004 à 780 millions de paquets une décennie plus tard - soit 29% de croissance -, le marché du colis se porte bien. Surtout la livraison express à J+1, qui participe grandement à cette hausse. La raison ? Autrefois essentiellement BtoB, la livraison rapide est sur le point de devenir un standard dans le e-commerce. C’est le nerf de la guerre de plusieurs pure-players, qui rivalisent d’annonces pour livrer toujours plus vite : maintenant le soir même pour Amazon, notamment concurrencé depuis peu par Cdiscount.

On parle souvent du dernier kilomètre, bête noire des e-commerçants. Outre le coût souvent important de ce dernier maillon de la livraison, ce service est un facteur déterminant dans l’acte d’achat en ligne et reste le dernier contact du consommateur avec la marque. Pour rassurer et ainsi fidéliser le client, les sociétés travaillent au développement de solutions de livraison rapides alternatives telles que les points relais, les consignes automatiques, etc. Lors d’une livraison classique, il reste toujours les derniers centimètres : celui que les livreurs ne peuvent atteindre dans les temps car la loge de la gardienne est fermée ou le client absent de son domicile.

La livraison à domicile ou en point relais devient le point clé du développement du commerce électronique. Transporteurs et marchands cherchent sans cesse à innover pour offrir un service unique et personnalisé à l’acheteur, toujours plus exigeant dans ses achats en ligne qui tendent à devenir un acte quotidien.

La praticité à l’épreuve de la sécurité

La généralisation des objets connectés, particulièrement dans le domaine de la domotique, viennent en aide aux entreprises en proposant maintenant des serrures connectées. Ces dernières permettent au résident d’accorder l’ouverture de sa porte via son smartphone par un code unique ou à des horaires fixes. Ceci permettant à des employés de maison, des techniciens ou des livreurs, d’accéder à l’intérieur du domicile.

Le confort de recevoir sa machine à laver en son absence, montée et installée, sans devoir poser une demi-journée de congé, dépasse-t-il les craintes liées à la sécurité ?

Outre le fait d’accorder un accès à un livreur inconnu sans être sur place, de nombreuses questions se posent, en effet, sur les éventuelles failles et les risques de piratage de ces nouveaux produits. Selon Gartner, cabinet d’analyse, 80% des objets connectés présentent de potentielles failles de sécurité. Lors de la Def Con, conférence annuelle de hackers, l’un des ateliers a été de pirater des serrures connectées pour montrer la vulnérabilité de ces objets. Avec succès. Le secteur des IoT gagnant toutefois en maturité, ces risques tendent à être de plus en plus intégrés par les fournisseurs. De plus, des outils de diagnostics de risques existent. Des standards de sécurité pour l’internet des objets en général devront rassurer les consommateurs avant l’installation de cette domotique à leur domicile.

Les serrures connectées déjà en expérimentation

Plusieurs entreprises proposant des modèles de serrures connectées (Vachette, Elocky, August, Openways…) collaborent avec des e-commerçants pour tester cette nouvelle solution : Amazon organise déjà des livraisons expérimentales à Seattle, aux États-Unis.

Plus près de nous, La Poste expérimente aussi son modèle dans le sud-est de la France avec un système très simple d’installation.

Les start-ups s’intéressent de plus en plus au secteur, et distancent les fabricants de serrures traditionnelles. Un marché potentiel énorme qui pourrait profiter du dynamisme du e-commerce, et inversement. Pour les plus réfractaires, craignant l’utilisation de leurs données personnelles à leur insu, les loges de gardienne ont encore quelques belles années devant elles dans les grandes villes.

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