Territoire de Soins Numérique : où en est-on ?

Article paru le 22 mars 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : e-Santé Innovation Santé

La région Rhône Alpes conserve son avance

La région Rhône-Alpes, qui était déjà très avancée en termes de services d’e-santé a été, sans surprise, la première à annoncer le lancement de la phase opérationnelle du programme PASCALINE, centré sur le parcours de santé.

Ainsi, depuis le 16 juin 2015, l’application Monsisra est venue compléter les dispositifs existants. Elle permet l’intégration des échanges Zepra (compte-rendu d’hospitalisation, de consultation, résultat d’examen, etc.) dans les logiciels des professionnels de ville et s’accompagne également d’une version mobile.

De nombreux dispositifs pour favoriser le « bien vieillir à domicile » sont à venir pour 2016 : par exemple, le dossier d’admission en maison de retraite en ligne, le carnet de vaccination électronique ou encore le bouquet de services « Autonom@dom ».

Une cellule d’appui inaugurée en Aquitaine

En Aquitaine, le projet "XL ENS" est entré dans sa phase opérationnelle depuis mi-septembre. Il repose sur une plateforme de services adaptés à chacun des niveaux de prise en charge de la pyramide de Kaiser [1], avec l’objectif de "mettre en place un suivi personnalisé centré sur le domicile" pour "éviter les hospitalisations à répétition".

Ainsi, une trentaine de personnes, en situation sanitaire ou sociale difficile sont déjà accompagnées par la cellule territoriale d’appui "Santé Landes".

Cette dernière s’appuie sur deux outils numériques déployés dans la région :

  1. La Plateforme Aquitaine d’Aide à la Communication santé (PAACO), qui permet de coordonner et suivre le parcours du patient
  2. ProMess : Une messagerie de santé sécurisée, MSSanté compatible, ouverte à tous les acteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux.

Un espace d’innovation au cœur de la stratégie pour la région Océan Indien

L’ARS Océan Indien a été la troisième à annoncer le lancement de la phase opérationnelle du programme PLEXUS OI, rebaptisé OIIS (Océan Indien Innovation Santé).

Ce dernier doit permettre à l’ensemble des professionnels de santé d’assurer une prise en charge coordonnée des patients et une continuité dans le suivi de quatre maladies chroniques (diabète, insuffisance rénale, insuffisance cardiaque et accidents vasculaires cérébraux). L’ensemble de la population de l’île sera également adressée via un volet "prévention".

A ce jour, une "ruche de la e-santé" a été créée dans les locaux du groupement de coopération sanitaire Tesis, à La Réunion. Cet espace, dans lequel se retrouvent les entreprises sélectionnées par l’ARS et le GCS pour développer les solutions techniques, a vocation à promouvoir l’e-santé sur le territoire.

Par ailleurs, un site dédié a été mis en ligne. Il permet d’informer le grand public et les professionnels, et de contacter l’équipe projet afin de participer aux ateliers de co-construction.

A terme, une plateforme numérique de santé sécurisée, qui permettra la transmission en temps réel des comptes rendus médicaux d’un établissement de santé vers les médecins de ville et un accès permanent aux comptes rendus des patients, est en voie de finalisation.

Choix de la solution Orion Health pour le projet Terrisanté…

En janvier 2016, le GCS D-CISIF, chargé de piloter la maîtrise d’ouvrage opérationnelle du projet francilien Terris@nté, a choisi la solution Orion Health pour la mise en œuvre de la future plateforme collaborative d’échanges et de services, après huit mois de dialogue compétitif.

Rappelons, que cette plateforme, qui est au centre de la proposition Terrisanté, s’adresse à la fois aux professionnels de santé et aux patients, et a pour objectif principal l’amélioration de la coordination des acteurs de la ville et de l’hôpital tout au long des différents parcours de soins. Trois dossiers du parcours patients devraient voir le jour d’ici fin 2016 : diabète, femme enceinte, cancer.

Cette plateforme, centrée sur la prévention, l’orientation et la prise en charge du patient permettra la mise à disposition de e-services : un service public de référence d’information en santé, un compte « patient » (prise de rendez-vous en ligne et paiement en ligne), une offre de services collaboratifs pour les professionnels (dossier patient de coordination, consultation des résultats de laboratoires et des services de radiologie, …) ainsi qu’une offre de formation en ligne pour les professionnels (e-learning) et les patients (serious games).

Le déploiement est prévu sur le territoire pilote [2] d’ici fin 2016, pour une durée de deux ans, à l’issue de laquelle un bilan médico-économique sera réalisé pour étudier l’opportunité et les modalités d’extension de ces services à l’ensemble de la région.

…Et pour la région Bourgogne

Au-delà du contrat de 5 ans signé avec le GCS D-SISIF dans le dans le cadre du projet Terrisanté, la société Orion Health a également déclaré avoir signé un contrat de 15 mois concernant le projet Bourguignon eTICSS, dans un récent communiqué.

En effet, le consortium industriel concentré autour de l’éditeur Orion Health sera chargé de développer les solutions technologiques de la plateforme de services eTICSS afin d’améliorer la coordination entre professionnels de la santé et du médico-social dans la gestion des parcours de santé.

Cette plateforme s’adressera autant aux professionnels de la santé et du médico-social qu’aux patients, et proposera, entre autres, des services numériques innovants tels qu’une messagerie sécurisée MSSanté permettant le partage d’information entre la ville et l’hôpital, un centre territorial d’information et d’aide à l’orientation des patients/usagers utile dans la prise en charge de cas complexes, un dossier de coordination de l’usager, des outils de suivi du patient, la télémédecine, un agenda partagé entre l’usager et les professionnels, un carnet de vaccination électronique, etc.

La solution Orion Health se fera-t-elle une place de choix dans le domaine de l’e-santé en France ? Comment ces projets contribueront-ils à la généralisation aux autres régions ? Quel accueil sera fait par les professionnels de santé et les patients ? Quelles articulations avec les projets nationaux et la mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire ?

Pour en savoir plus, nous vous donnons rendez-vous d’ici quelques mois, pour un nouveau point d’étape.

Notes

[1Représentation pyramidale qui classe les patients par niveau de risque

[2Le territoire ciblé s’étend du nord-ouest du Val-de-Marne (Gentilly, Kremlin-Bicêtre, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine, Thiais, Arcueil, Cachan et Villejuif) jusqu’à l’ouest du 13ème arrondissement de Paris

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