Transcash : la carte Visa sans compte bancaire

Article paru le 4 janvier 2010 | Partager sur les réseaux sociaux

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La société VISA vient de commercialiser, en France un nouveau système de transferts d’argent.

Ce moyen de paiement est basé sur des cartes, appelées « Transcash » qui seront disponibles au prix de 19,90 euro dans les grandes surfaces comme Auchan avant leur extension à d’autres enseignes, ainsi qu’à 5.000 bureaux de tabac et de presse. L’originalité de ces cartes réside dans le fait qu’il n’est pas nécessaire de détenir de compte bancaire.

Principe de fonctionnement de Transcash

Une fois le pack, composé de deux cartes (l’une noire, l’autre rouge) acheté, le client doit appeler un numéro pour s’identifier afin que les « vérifications nécessaires » soient faites et créer son code secret (étape 1, sur l’illustration ci-dessus). Il pourra alors alimenter la « carte noire » en achetant des recharges (de 50 à 500 euros) (étape 2).
Outre la possibilité de régler ses achats comme avec une carte de paiement classique, l’intérêt est surtout de pouvoir effectuer, par internet, téléphone ou sms, des transferts sur la carte rouge, préalablement remise à la personne de son choix (étape 3). Les populations résidant en France et souhaitant envoyer de l’argent à leur famille à l’étranger sont d’ailleurs la cible marketing visée par la société MFTEL qui la commercialise en France : la campagne de publicité associée met en scène des personnes lambda possédant le même nom de famille que certaines stars de football (Benzema et Nasri notamment) et indiquant un montant de transfert de l’ordre
de la centaine d’euro.

Si l’initiative est louable car elle offre une alternative aux virements
et aux mandats traditionnels déjà proposés par Western Union ou la Banque postale elle n’en reste pas moins coûteuse pour les utilisateurs : 5 euros pour 50 euros, 8 euros pour 100 euros ou encore 10 euros pour 150 euros. Il devra aussi s’acquitter de frais de gestion mensuels de 1,50 euro. Ce qui rend la solution relativement aussi compétitive
que ses concurrents.

Le fonctionnement de ces cartes que l’on peut rapprocher de celui des clés asymétriques dont l’une dite privée, activée après « vérifications
nécessaires » et utilisable par l’émetteur avec un mot de passe et l’autre dite publique utilisée par le destinataire du message laisse penser que la solution est sécurisée. En effet, en sécurité des SI, une authentification est dite renforcée (ou forte) lorsque l’identité est garantie par l’utilisation combinée de deux informations secrètes parmi « ce que je sais », « ce que je suis » et « ce que je possède ».
La communication est donc sécurisée entre l’émetteur et le destinataire…
avec le risque qu’elle échappe à tout contrôle extérieur et notamment celui de la lutte anti blanchiment d’argent.

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