Une application mobile à tout prix ?

Article paru le 18 mai 2015 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Mobile Stratégie digitale Services mobiles

« Il y a une application pour ça » indique le slogan de l’App Store et effectivement notre Smartphone fait tout.

On estime à plus de 100M [1] le nombre d’applications téléchargées en 2014.

Pas étonnant alors que les applications soient devenues LE nouvel objectif pour les directeurs marketing.

Les applications font le buzz…

Elles bénéficient d’un effet de mode mais pas seulement car les chiffres prouvent que le trafic augmente sur les applications (+44% en moyenne entre mars 2013 et mars 2014) alors que la fréquentation des sites Internet diminue (-10,5%). Posséder son application permet d’offrir un service de proximité aux mobinautes et d’inscrire sa marque dans le quotidien.

Un flot d’applications non utilisées

C’est un marché qui arrive à maturité : le nombre d’applications installées stagne : entre 35 et 55 en moyenne [2]. Le nombre d’application téléchargée baisse car elles sont de meilleure qualité et répondent d’avantage aux besoins des consommateurs, ils n’ont donc pas besoin d’en changer aussi régulièrement qu’au début.

La plupart des applications sont consacrées aux jeux, aux actualités et aux réseaux sociaux, ce qui laisse peu de place au reste. L’enjeu est d’offrir à l’utilisateur un gain pour pérenniser le cycle de vie et créer une nécessité de récurrence dans l’utilisation.

En effet sur 35 applications installées, 12 ne sont jamais utilisées.

Pour qu’une application soit un succès,

L’entreprise ne peut plus se contenter de décliner son site en application, elle doit se différencier en proposant un service à valeur ajoutée.

Identifier les bénéfices pour l’utilisateur au quotidien

Cela peut être lié à l’univers de la marque : Nestlé propose un ensemble de services aux femmes enceintes avec son application « Devenir maman ». Cela peut également être lié aux nouvelles tendances : il y a peu Instagram a rencontré un véritable succès en surfant sur la tendance des réseaux sociaux et de la photographie.

Aujourd’hui c’est Nike qui remporte un beau succès avec ses applications sportives Nike+ Running, Nike+ Fuel, Nike+ Training club et Nike+ Move. Elles créent une communauté et apportent un service aux sportifs (équipés Nike ou pas). Nike ne possède d’ailleurs pas d’application de e-commerce car il n’y a pas de valeur ajoutée par rapport à son site qui est en responsive design.

Proposer un service que l’utilisateur n’a pas déjà

Sur un marché mature les consommateurs ont de nombreuses applications qui satisfont déjà leurs besoins.

SafeCell s’est démarqué en permettant de passer des appels en avion sans Roaming. C’est d’ailleurs l’application Androïd la plus chère du monde (entre 13000 et 17000$). Au contraire FaceHome propose un service trop similaire à l’existant.

Proposer une application c’est l’occasion de rendre un service complémentaire et de renforcer son positionnement. La SNCF apporte originalité et pertinence avec IdVroom pour les trajets de courte distance.

Proposer une expérience complète

  • En s’appuyant sur les fonctionnalités du smartphone : Shazam reconnaît un morceau de musique grâce au micro.
  • En s’appuyant sur des services existants mais en y facilitant l’accès : Le grand gagnant est Uber qui a révolutionné l’offre de taxi par son application. Ou encore Bankin’ qui agrège toutes les informations bancaires, à l’heure où le taux de multi bancarisation explose c’est bien vu.
  • En adoptant une logique utilisateur qui n’a pas toujours de frontières entre les marques et les services : l’application RATP est utilisée et appréciée mais cantonnée aux informations RATP. Or un utilisateur peut être amenés à utiliser les services RATP, Transilien... Il va donc préférer l’application CityMapper qui regroupe toutes ces données et facilite l’expérience client.

Que les marques soient rassurées : les applications ont de belles années devant elles car les consommateurs sont bels et biens mobiles addict.

Partagez cet article sur les réseaux sociaux