RT2020 : les Bâtiments à Energie POSitive (BEPOS) au service de la transition énergétique

Article paru le 18 octobre 2019 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Énergie

Les BEPOS – bâtiments dont la production d’énergie est supérieure à la consommation – seront la nouvelle norme pour les bâtiments neufs à partir du 1er janvier 2021. Représentant 44% de l’énergie consommée et 23% des émissions de gaz à effet de serre en France, le bâtiment est un défi que la RT2020 entend relever grâce à l’autoproduction et la performance énergétique.

Au cœur de l’actualité, ce sujet sera prochainement débattu au salon IBS le 03/10/2019 : « quels sont les enjeux de l’évolution vers l’autoconsommation et comment gérer l’autonomie énergétique dans un BEPOS ? »

Qu’est-ce qu’un BEPOS ?
La dynamique de l’efficacité énergétique est lancée à l’échelle mondiale : à l’image de la plus grande ville des USA - New York - qui a ratifié un texte le 18/04/2019 visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% pour l’ensemble des bâtiments de la ville, la France entrevoit dans les BEPOS un levier majeur pour atteindre les objectifs de la transition énergétique.

Afin de devenir un BEPOS, le bâtiment doit dans un premier temps faire preuve de sobriété énergétique. Cela implique une architecture dite bioclimatique – conception visant à tirer parti de l’environnement du bâtiment – une isolation performante afin de supprimer les ponts thermiques ainsi qu’un système de ventilation type VMC double flux permettant le respect de l’étanchéité et la récupération d’énergie.

Pour n’en citer qu’un, le bâtiment Gherkin – surnommé « Le cornichon » en français – est un modèle en la matière grâce à sa conception aérodynamique permettant d’utiliser le vent comme système de ventilation et ainsi de réaliser des économies d’énergie.

Pour que la balance de l’énergie d’un bâtiment soit positive, une production locale est également nécessaire. Celle-ci peut être électrique, grâce à des ressources énergétiques renouvelables – comme le solaire photovoltaïque ou le micro-éolien – ou de nature thermique grâce à des installations géothermiques et des panneaux solaires thermiques. En France, l’autoproduction est synonyme de panneaux photovoltaïques, marché en plein essor avec des raccordements au réseau qui ont plus que doublé entre 2017 et 2018.

Actuellement en cours d’élaboration et potentiellement évolutive, la RT2020 prévoit d’être appliquée à l’ensemble des nouveaux logements : un immense challenge pour le secteur du bâtiment qui doit se préparer à une mise en conformité.

Leviers de mise en place de la RT2020
Pour faire face à ce challenge, plusieurs facilitateurs contribuent à la mise en application de la RT2020.

Premièrement, les labels BEPOS – Effinergie : créés en parallèle de l’évolution réglementaire progressive depuis 15 ans, ces labels visent à définir les exigences d’un BEPOS et accompagner les acteurs du bâtiment dans cette transition.

Afin de favoriser l’obtention des labels, l’Etat intervient dans la réussite de l’implémentation des BEPOS au travers d’un panel d’aides : subventions, audits, avances de trésorerie ou encore accompagnement en gestion de projet. A ce titre, l’association Effinergie contribue à mettre en relation les projets de construction de BEPOS et l’Etat.

En parallèle des aides institutionnelles, les avancées technologiques relatives aux systèmes d’information représentent un catalyseur dans l’atteinte des objectifs BEPOS. Outre les outils communicants que sont Linky et Gazpar permettant la collecte et la supervision des données de consommation, de nombreuses innovations ont vu le jour afin d’accompagner les objectifs des « smart buildings ». C’est le cas de la start-up Hxperience qui propose via une plateforme des services tels que la gestion intelligente de la température et de l’éclairage, le déclenchement d’alarmes en temps réel en cas de surconsommation ou encore la maintenance prédictive des bâtiments.

Enjeux énergétiques et démonstrateurs
Relié à des réseaux de chaleur et d’électricité, le bâtiment évolue en parallèle du développement des réseaux d’énergie. Avec l’émergence des Smart Grids - réseaux d’électricité favorisant la circulation d’informations afin d’ajuster le flux d’électricité en temps réel - les bâtiments deviennent des acteurs de la dynamique d’optimisation énergétique globale.

Développées par des sociétés comme Tesla, les nouvelles générations de batteries de stockage changent le paradigme de l’électricité : hier, l’énergie injectée sur le réseau était consommée ou perdue, aujourd’hui elle est consommée ou stockée. Avec les innovations de demain, les véhicules électriques pourraient charger leur batterie directement grâce au surplus généré par les BEPOS.

Bouygues a construit en 2013 le premier grand complexe à énergie positive dans le quartier Hikari à Lyon. Il s’agit d’un îlot urbain composé de 3 bâtiments à énergie positive où les concepteurs ont mêlé bureaux, logements et commerces afin de gérer au mieux les différents usages et les cycles d’utilisation de l’énergie. La production d’énergie est assurée par des panneaux photovoltaïques installés sur le toit et un cogénérateur carburant à l’huile de colza y assure le complément.

D’autres projets de grande ampleur se sont succédés comme le projet mené par ValEnergies « Aqueducs », complexe de 4 immeubles au cœur de la technopole de Sophia Antipolis. Il s’agit d’un microgrid alliant l’autoconsommation collective, le stockage et le pilotage.

Le développement des BEPOS représente un défi majeur. Par le biais d’aides de l’état, de l’accompagnement des labels ou encore de l’utilisation des technologies, l’enjeu est de faciliter la mise en place de la RT2020 et ainsi le respect des directives énergétiques européennes.

Les BEPOS ne sont toutefois qu’un premier pas vers la transition énergétique et la réponse aux enjeux du changement climatique. Demain, les préceptes énergétiques des BEPOS pourront s’étendre à l’échelle des communes et des collectivités : la notion de Territoire à Energies Positive (TEPOS) émerge et constitue la prochaine étape de cette transition.

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